Amiante à Beauvais : les biens d'avant 1997

Grand ensemble des années 1960-1970 à Beauvais

En bref

Après les bombardements de juin 1940, Beauvais a d'abord rebâti son centre, puis répondu à la crise du logement en érigeant ses grandes cités : Argentine, Saint-Jean et Saint-Lucien sortent de terre entre 1950 et 1975. Tout ce parc collectif est antérieur au 1er juillet 1997, seuil qui impose le repérage amiante lors d'une vente.

Quand la visite ne relève aucun matériau suspect, le constat reste acquis sans avoir à le renouveler, et c'est plutôt le bâti d'avant 1949 qui appelle, lui, le constat plomb.

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Argentine, Saint-Jean, Saint-Lucien : l'urbanisme des Trente Glorieuses

Une fois le centre relevé de ses ruines, Beauvais a dû loger vite et nombreux : la ville déploie alors ses grands ensembles en périphérie. Argentine, à l'ouest, aligne ses barres et ses tours sur d'anciennes terres agricoles ; Saint-Jean, au sud, et Saint-Lucien, au nord-est, suivent la même logique de zones d'habitation construites en série de 1950 à 1975. Cette poussée pavillonnaire et collective coïncide pile avec l'âge d'or industriel de l'amiante, d'où la place qu'elle occupe aujourd'hui dans la revente de ces quartiers.

Le vocabulaire de la construction en série

Le collectif des années 1950-1970 a son répertoire propre : sols souples posés sur ragréage, mastics de vitrage et joints de dilatation des façades, conduits de vide-ordures, coffrages perdus et plaques ondulées des annexes. Sur ces matériaux, le repérage ne se contente pas de noter leur présence : il décrit aussi leur accessibilité et leur degré d'usure, deux éléments qui pèsent dans les arbitrages de la copropriété.

Le DTA du syndic, allié des projets de rénovation

Avant tout vote d'isolation des façades, de remplacement des descentes d'eau ou de réfection des cages d'escalier, une cité d'avant 1997 doit s'appuyer sur son dossier technique amiante (DTA) des parties communes, tenu par le syndic. Le réclamer en amont évite les arrêts de chantier : si un matériau amianté est repéré, son retrait par une entreprise spécialisée précède les travaux. À l'échelle de votre lot, le constat reste à votre charge et entre dans le dossier de diagnostics de vente.

Questions fréquentes

Pourquoi parle-t-on autant des grands ensembles beauvaisiens pour l'amiante ?

Parce qu'Argentine, Saint-Jean et Saint-Lucien ont été bâtis entre 1950 et 1975, en plein recours à l'amiante et bien avant l'interdiction de juillet 1997. Une part importante des logements de ces quartiers entre donc dans le champ du repérage à la vente.

Un désamiantage est-il obligatoire avant de rénover une cité ?

Pas systématiquement. Tant que les matériaux sont en bon état et laissés en place, ils peuvent rester. En revanche, dès que des travaux risquent de les percer ou de les déposer, leur retrait par une entreprise qualifiée doit précéder le chantier.

À qui demander le dossier amiante d'un immeuble d'Argentine ou Saint-Jean ?

Au syndic de la copropriété, qui détient le dossier technique amiante des parties communes. Il renseigne sur les gaines, les vide-ordures et les locaux collectifs ; votre propre lot fait, lui, l'objet d'un constat séparé lors de la vente.

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